samedi 23 mai 2015

Plongées à Portofino... Bella Liguria !

Fraîchement revenu de quelques plongées en Italie à Portofino organisées par mon club Glaucos Diving School (Verviers), je ne résiste pas à l'envie de vous en rapporter l'essentiel. Ces plongées étaient très belles, lumineuses et riches de faune.

Portofino se situe à l'est de Gênes et fait partie de la Riviera italienne. C'est un patelin magnifique qui est présenté comme le "Saint-Tropez italien" (et les prix d'une boisson en terrasse sur place en attestent certainement...)

Nous logions un peu plus à l'est à Lavagna (où l'on trouve le chantier naval et un grand port de plaisance). Nos plongées étaient organisées par le centre Odissea Sub avec Guido, grande base italienne aux allures de viking, très sympathique au demeurant, et son assistante, la souriante Eléna.

Ce centre est équipé de tout le confort nécessaire : gonflage mélanges Nitrox (*) jusque 100%, mise à disposition de blocs 15L et 18L air, nitrox ou deco, grandes banquettes pour s'équiper, espaces de rangements et de séchage (qui pourraient être mieux organisés toutefois), douches et commodités (mais un seul WC, c'est un peu juste pour 30 personnes revenant de leur plongée ;-), etc.




(*) pour les "profanes" et expliqué de façon très simple, le nitrox est un mélange suroxygéné (> 21%) qui, selon l'utilisation faite, permet de réduire les risques de narcose liée à l'azote (ce qu'on appelle couramment "l'ivresse des profondeurs"), de réduire le risque d'accident de décompression, de passer davantage de temps au fond sans pallier, de réduire la durée des palliers, d'être moins fatigué après une plongée, etc.

Bon, voilà pour la description du centre... en plongée maintenant.

Nous avons principalement visité 3 lieux dans la réserve de Portofino : le Phare de Portofino (La Scalina), San Fruttuoso (Punta Dell'Indiano et le Christ des Abysses), Altare. Nous avons aussi eu l'occasion de visiter une épave de l'autre côté de Lavagna à hauteur de Sestri Levante.



1. le Christ des Abysses :

Pour cette plongée à San Fruttuoso, je n'avais pas emporté ma caméra. J'étais aux commandes de la plongée et je voulais d'abord m'assurer que tout se passait bien pour la première immersion du séjour.

Donc pas de vidéo personnelle mais je me permets (en citant la source) de reprendre une photo qui illustre l'ambiance mystique de l'endroit.


Source : http://s35.photobucket.com/user/TemptedBlaze/media/Bucket%20List/336020.jpg.html
Ce site vaut la peine, ne serait-ce pour le côté insolite et le caractère particulier que représente le fait de croiser une statue assez imposante sous l'eau, surtout si la lumière du soleil est présente pour ajouter encore un peu de "mystique" à ce lieu.

Je m'étais imaginé une statue beaucoup plus grande : dans les faits, elle ne mesure environs que 2,5m (pour la perception que j'en ai eu en me positionnant verticalement en face de J-C les yeux dans les yeux) mais elle est posée sur un socle très imposant. Le bas du socle repose sur 14m de fond et le haut des bras se situe à environs 9m.

Pour la plongée, il est plus intéressant d'aller voir le tombant qui se trouve un peu plus loin vers le large et qui descend jusque +/- 40m et de terminer par la "visite" de la statue.

Toutefois, sans ce monument, le tombant en lui-même n'était pas le plus beau et le plus habité du séjour.


2. La Scalina :

Pour notre deuxième plongée de la 1ère journée, direction vers le Phare de Portofino. Le spot de La Scalina se situe quelque part entre le phare (Punta Portofino sur la carte) et le port de Portofino, en face d'un escalier qui descend le long de la falaise jusqu'à la mer.

Ayant seulement 199 plongées (hey, je ferai ma 200ème ce samedi 23 mai !) à mon actif, je suis certainement loin d'avoir tout vu puisque je ne suis quasiment jamais sorti de la Méditerranée mais - à mon niveau - c'était un des plus chouettes sites que j'ai visités. Il était particulièrement habité. 

Dans cette plongée, au-délà de 30m, on ne trouve que sable et cailloux. Rien d'intéressant donc. Par contre, plus on remonte, plus la faune et la flore sont riches.

Nous y avons vu plusieurs mérous de toutes tailles (des petits comme des "maousses" pas trop farouches), j'ai été littéralement hypnotisé par le passage d'un banc de jeunes barracudas, autour duquel tournait un spécimen adulte de bonne taille, deux murènes s'étaient cachées le long d'espaces rocheux qui nous permettaient d'admirer la souplesse et les couleurs de leur corps. Les roches était couvertes de belles gorgones bleues et de corail rouge. Des rougets grattaient le sable à la recherche de nourriture. Des labridés divers passaient à toute vitesse autour de nous. Des corbs traçaient parfois notre trajectoire. Nous étions entourés de bancs de saupes et de nuages de castagnoles. En fin de plongée, nous avons observé des carangues se jeter à pleine vitesse dans les remous des vagues contre la roche en surface.

Voici une vidéo de cette plongée :




 2. Cargo Armato

Après une journée complète sans plongée à cause des conditions météo venteuses (cela nous a finalement permis de visiter le joli village de Portofino et son vieux port, nichés au bout d'une route côtière, certes étroite, mais magnifique), nous avons commencé la journée par une plongée sur l'épave du Cargo Armato, bateau commercial réquisitionné et armé successivement en 1939 par les Français, puis en 1942 par les Allemands. Il a été finalement torpillé par les Britanniques en 1944 au large du village de Sestri Levante.

Avec la violence de l'explosion, l'épave est cassée en deux et repose sur le fond à 35m (le plus haut point du pont se situe à +/- 27m).


La descente se fait le long d'un bout (une corde attachée au bateau au bout de laquelle flotte une bouée en surface) et arrive sur la partie avant qui nous a été présentée comme la mieux conservée. Nous visitons l'épave de la "poupe" à la proue. On y retrouve encore les supports des mitrailleuses et l'un ou l'autre hublot. 

Nous n'entrerons pas dans les cales même si celles-ci sont claires et larges car elles menacent apparemment de s'effondrer. Il y a toutefois plein de trous et ouvertures dans la coque pour se faire une idée de l'intérieur et explorer les recoins du bâtiment. 

Au niveau de la vie marine observé, vu la situation venteuse et la houle de la veille, la visibilité n'est pas au top et nous n'avons vu que des castagnoles.

En images :




3. Altare
De jour...


Nous sommes ensuite retournés dans la réserve pour y visiter un spot assez singulier pour son relief et son paysage sous-marin: Altare (l'autel en italien). Ce site doit son nom à une énorme pierre plate inclinée qui ressemble à l'autel d'une église.

On démarre en se mettant la côte à main droite et vers 16m, 3 monolithes marquent l'entrée d'un superbe tombant. En passant entre la deuxième et la troisième roche, on arrive sur le bord d'une falaise et on entame une descente que nous limitons - comme prévu au départ - à 35m, même si l'envie de descendre est bien là, vu la sensation agréable que cette "chute libre le long d'un mur" procure. 

A nouveau, le tombant est majestueux, habité de coraux, éponges et gorgones.

En remontant dans la zone des 10m, nous y observons une parade nuptiale entre deux mérous, c'est une première pour moi. Je suis encore fasciné par cette scène chaque fois que je visionne la vidéo. J'avais eu l'occasion d'observer de près des comportements reproducteurs chez les labridés (et spécifiquement ceux de Symphodus ocellatus, durant un stage d'éthologie marine en Corse) mais jamais encore chez une espèce de la taille du mérou. C'est simplement majestueux.

Nous y rencontrerons aussi quelques variétés de méduses, un bernard l'hermite, ainsi que les espèces déjà décrites lors de la plongée à La Scalina.

Je suis sorti de cette plongée avec un large sourire béat et un mot bref à la bouche : "wow"... magnifique site donc.

Quelques images de cette plongée ? c'est par ici :



Et de nuit...

Histoire de comparer l'ambiance et la vie sur un même site entre le jour et la nuit, nous sommes retournés en soirée sur le site d'Altare. J'avais beaucoup d'attentes par rapport à cette plongée, notamment celle de croiser davantage de poulpes. Cette attente ne sera pas satisfaite : nous y croiserons seulement une grande araignée de mer et quelques poissons curieux. Le site semble aussi endormi que les compagnons qui sont restés à l'hôtel. 

L'ambiance générale vaut toutefois le détour, ne serait-ce que pour faire la descente du tombant dans la lumière des phares, la chute semble vertigineuse.

Proche de la surface, en éteignant les lampes et secouant les bras, il est possible de découvrir le plancton, bioluminescent.

Bref, c'était une balade sympathique, qui m'a un peu déçu au niveau de la vie présente mais qui vaut la peine, ne serait-ce que pour l'ambiance générale et le paysage qui défile durant la navigation.


(c) ArnoLgs 2015
4. Punta Dell'Indiano
Ce sera la dernière plongée du séjour. L'une des plus belles. Cela tient sans doute au fait que le soleil est complètement de la partie et nous crée une ambiance magnifique à l'immersion.

Nous démarrons dans le sable à 15-20m mais arrivons rapidement sur un tombant que nous visiterons jusque 40m. Encore un nouveau paysage à découvrir. Chouette !

La paroi est remplie d'énormes gorgones bleues. A nouveau, les mérous nous approchent mais restent à distance raisonnable de nous. Quelques colbs et sars communs passent devant nous, comme pour nous montrer le chemin. Nous verrons aussi passer l'une ou l'autre carangue au loin. Lors du pallier, quelques poissons viennent voir de près la lentille de mon caméra.

Cette plongée étant la dernière, j'en profite un max. pour observer et découvrir, certes, mais aussi pour profiter pleinement des sensations procurées par la légèreté et cette impression constante de planer au-dessus du relief.

Cette plongée en vidéo :



Rédiger ce billet me donne vraiment l'envie d'y retourner rapidement...

N'hésitez pas à me communiquer vos impressions et vos questions !

mercredi 20 mai 2015

Location de voitures : quelques leçons à tirer

Ceux qui me suivent sur Twitter auront récemment remarqué quelques déboires que j'ai vécu avec le département espagnol d'une entreprise de location auto :

Pour résumer le cas :

A la lecture de ma facture reçue par la poste, j'ai eu la "joyeuse" surprise de constater une "charge multiple" (sans description plus claire) de 579€ HTVA alors que la location de voiture en elle-même était inférieure à 300€. 

Après avoir galéré 3 semaines par mails sans réponse, j'ai bizarrement été recontacté dans la minute après la publication du tweet ci-dessus : ils me reprochaient des chocs dans la carrosserie alors que je n'avais pas eu d'accident.

C'était mal parti mais la situation s'est heureusement bien dénouée grâce à ma vigilance et au professionnalisme d'une personne de leur service client (après avoir subi un long "silence radio" avant la mobilisation des réseaux sociaux, cela dit).

Je me suis dit que quelques bonnes pratiques étaient utiles à partager via ce blog


Avant de démarrer...

  • Lorsque vous louez une voiture, assurez-vous d'avoir une assurance couvrant la franchise : nous concernant, celle-ci était de 900€. J'avais une assurance via la centrale de location choisie (rentalcars.com - très pros en passant, ils étaient réactifs) pour se charger des contacts avec le loueur mais cela me demandait d'avancer l'argent en cas de problème. Je pensais que ce risque était mineur mais... on pense cela tant que ça ne nous tombe pas dessus. Sans assurance de ce type, tout dégât occasionné au véhicule est au frais du locataire du véhicule... Donc à refaire, pour quelques euros de plus, je prendrai cette assurance directement chez la firme de location pour éviter d'avancer l'argent en cas de problème réel.
  • A la réception des clés et avant de toucher au véhicule, analysez bien l'état des lieux avec le véhicule sous les yeux. Toute différence doit être mentionnée illico au bureau de location.
  • Avant de démarrer, prenez des photos du véhicule avec une résolution suffisante pour zoomer sur les éléments qui seraient problématiques... et sous toutes les coutures. Les méta-données des photos reprises dans le fichier photo permettent de prouver le moment de la prise de vue (et même avec le lieu si balise GPS, le type d'appareil, l'ouverture et la vitesse de prise de vue). En photographie, c'est ce qu'on appelle les données EXIF.

Je ne parlerai pas des précautions d'utilisation du véhicule, il va de soi qu'il faut gérer celui-ci en"bon père/bonne mère de famille", comme vous le feriez avec votre propre voiture. 

Il faut aussi respecter les règles du contrat (p.ex., refaire le plein s'ils vous demandent de le faire... sans quoi vous devrez payer des frais peu raisonnables pour le plein qu'ils feront à votre place)

Au retour


  • Vérifiez que vous garez le véhicule à l'endroit demandé... ne pas le faire vous met en défaut et ils vous factureront à coup sûr des frais supplémentaires, même s'il est garé à 3m de l'endroit prévu...
  • Prenez à nouveau quelques clichés avant de rendre les clés et dans l'emplacement de parking final. Cela vous permet de disposer d'un "avant/après" avec des données EXIF précises et indiscutables.
  • S'il y a un état des lieux au retour des clés, faites le sérieusement. Et donc évitez de rendre votre véhicule 15' avant l'ouverture des portes d'embarquement de votre vol... Sans état des lieux, les photos prises prennent toute leur importance en cas de problème.
  • En cas de pépin, exprimez - avec politesse - votre mécontentement sur les réseaux sociaux ... ça ira beaucoup plus vite que d'attendre une réponse d'un service client improbable par mail (dans mon cas, je n'avais de coordonnée téléphonique de contact). Si cela ne marche pas, mobilisez quelques personnes influentes sur lesquelles vous pouvez compter, demandez leur de relayer l'information (cela doit donc être des personnes que vous connaissez un minimum, ne choisissez pas au hasard un twitto avec 20K Followers pour lui demander de vous aider, ça ne marchera pas ;)) 

Tout est bien qui finit bien...

Dans mon cas, je n'ai pas eu de chance au départ, j'étais malade, je n'ai pas pris le temps de faire les vérifications d'usage parce que je voulais arriver au plus vite à l'hôtel (pas de chance, il a suffi que je ne le fasse pas UNE fois pour que cela pose un problème).

La société a justifié les frais supplémentaires avec des photos de la voiture présentant des chocs et avec un devis de garagiste (il n'y avait pas d'état des lieux au retour du véhicule, j'ai simplement remis les clés au desk à l'aéroport). 

Heureusement pour moi, pratiquant la photographie, mon premier réflexe a été d'examiner les données EXIF : les photos avaient été prises deux heures après le retour des clés et à cette heure-là... j'étais dans l'avion.  De plus, rien ne pouvait laisser penser que les coups n'étaient pas déjà existants (pas de photos envoyées à ce propos - en avaient-ils seulement ?) et comme ils étaient situés au niveau du bas de caisse, il fallait s'y attarder pour les voir.

Ils n'ont pas discuté, se sont confondus en excuses et j'ai été remboursé rapidement des sommes prélevées sur ma carte de crédit. Ouf ! 

Mais je me pose la question... Qu'en serait-il si je n'avais pas eu l'opportunité d'avoir quelques contacts influents qui m'ont relayé sur twitter ? et si je n'avais pas eu la présence d'esprit d'examiner les données EXIF des photos ? Je n'aurais probablement jamais la réponse mais j'ai bien ma petite idée :-)


samedi 15 novembre 2014

Plonger en Belgique, dans des lacs et des carrières lugubres ? mais quelle horreur !

Passionné de plongée loisir depuis de nombreuses années (avec plus ou moins d'assiduité selon les périodes de vie), une question revient toujours sur le tapis lorsque je discute avec des "profanes" de la plongée : "mais qu'est-ce qu'il y a donc de passionnant à plonger en Belgique, dans des eaux vaseuses, noires et lugubres et où il n'y rien à voir ?" (non-verbal de l'interlocuteur : dubitatif voire proche de me prendre pour un fou). Cette question est parfois formulée avec davantage de dédain sous la forme "mais qu'est-ce que tu vas donc foutre au fond de trous sombres et froids où il n'y a rien?"

Ma réponse est systématiquement celle-ci : 

En fait, c'est tout le contraire. Il y a beaucoup de choses à découvrir au fond de nos lacs et carrières, une faune, une flore, un biotope. On y croise des carpes, des brochets, des esturgeons, des perches, des anguilles mais aussi des coques (moules, anodontes, etc.), des éponges, des petites méduses inoffensives, des écrevisses et des crevettes. On y croise de belles algues qui peuvent parfois monter sur plusieurs mètres et sont resplendissantes lorsqu'elles sont éclairées par la lumière du soleil dans les 10 premiers mètres de profondeur. En soulevant les cailloux, on découvre souvent de nombreux petits poissons qui ne sont pas perceptibles si on traverse le milieu trop rapidement. Chaque plongée est donc à la fois une exploration et un jeu (notamment grâce aux diverses épaves de bateau, chars, avions, tubes, etc. qui servent de récifs artificiels à la faune et flore).
 
source : http://club-subaquatique-evian.over-blog.com/article-faune-flore-d-eau-douce-france-68756279.html - ce dessin ne reprend qu'un petite partie de la faune que l'on peut découvrir sous l'eau douce.

S'il est vrai que ce sont des conditions de plongée qui demandent parfois plus de précautions ou d'"enthousiasme" que les plongées dans les mers calmes, chaudes et limpides, la visibilité est généralement suffisante pour découvrir un paysage subaquatique particulier, étonnant, voire parfois magique quand on s'y trouve au bon moment.

Il y a quelques années, il était plutôt difficile pour le commun des plongeurs de convaincre leurs interlocuteurs avec ce seul argument. Et puis, une opportunité s'est enfin présentée : la généralisation et la démocratisation des "action cameras" qui permettent de descendre une petite caméra sous l'eau sans devoir engager le prix d'une automobile (et de réaliser des montages soi-même avec des applications de plus en plus simples). 

Comme des illustrations valent mieux que tous les bons discours, je vous propose quelques courtes vidéos de mon cru que vous pouvez visionner. Les images ont été captées dans trois carrières différentes de notre belle région Wallonne : à La Gombe (Liège, 1 vidéo au printemps et l'autre en hiver), Lillé-Sprimont (Liège, en hiver), Vodelée (Namur, au printemps).

1. La Gombe (ancienne carrière de grès située à Esneux, profondeur max. = 30m)



2. Lillé (ancienne carrière de petit granit située à Sprimont, profondeur max. = 25-30m selon les années, périodes, saisons)


3. Vodelée (ancienne carrière de granit située à Doische, profondeur max. = 40m)


Et, quitte à être taxé de mauvaise foi, je conclurai par ce propos : même quand on n'y voit pas grand chose, la plongée dans ces plans d'eau reste l'occasion de s'amuser et de vivre une agréable sensation proche de l'apesanteur (que seul celui qui a testé la plongée peut connaître).

Référence - un livre à recommander pour découvrir la vie en eau douce :

Corolla, J.P., Kupfer, M., Rochefort, G., Sohier, S. (2012). La vie en eau douce : les carnets du plongeur. Editions Neptune Plongée.


mardi 4 novembre 2014

Evaluer les connaissances pour accompagner les changements organisationnels - Partie 2 : Comment ?

Dans mon article de la semaine passée, j'ai insisté sur l'intérêt d'évaluer les connaissances et sur ce que cela pouvait apporter à la gestion des changements organisationnels.

Après avoir traité le "pourquoi" (sans doute de façon non-exhaustive), je voudrais ici aborder les étapes de la mise en place de ce type de dispositif. Il va de soi que la communication est un pré-requis à chaque étape : communication avec le management, communication avec les employés et facilitation de la communication ascendante pour traiter les préoccupations dans le changement, communication avec les partenaires sociaux (on parle bien d'évaluation des connaissances, il faut donc bien baliser avec eux le cadre d'utilisation des évaluations individuelles).

Je vous propose une implémentation en 4 étapes

1. Cartographier les tâches

L'objectif de cette cartographie est d'extraire les connaissances associées aux activités, les contenus à maîtriser pour assurer la réalisation des tâches. 

A ce stade (mais il en sera de même pour les étapes suivantes), cette cartographie doit absolument respecter le principe du KISSSS (Keep it Simple, Sexy, Straight to the point and Sustainable). 


Il est  nécessaire de ne pas vous laisser influencer par les gestionnaires de compétences qui veulent y retrouver des liens avec des niveaux de compétences, par des auditeurs qui veulent découper les processus et insérer les éléments de contrôle, par des "hard HR" qui veulent voir les choses sous forme d'ETP, etc. Ceci doit rester le plus simple possible.

Bref, selon moi, ce que l'on doit retrouver dans cette cartographie c'est :
  • deux "photographies" de la situation : l'actuel et le futur après changement
  • le "qui fait quoi" (en terme d'"entité entière" : une personne, une fonction, un département, etc.)
  • éventuellement, si on se situe au niveau individuel, l'âge des personnes pour identifier au passage le risque de perte de connaissances lié à un futur départ naturel
En gros, un simple tableau suffit avec, p.ex. :
  • en première colonne les activités 
  • dans les suivantes les noms des entités (1 colonne par collaborateur si on descend jusqu'à ce niveau), des "1" ou des "x" en face des lignes d'activités qu'ils réalisent
  • un calcul d'effectif en dernière colonne pour chaque activité
Ensuite, il suffit de reproduire ce tableau en y décrivant le futur (le "qui devra faire quoi")

Dans l'approche nominative, Cela permettra au passage de savoir qui réalise les activités (sans pour autant être certain qu'ils le font optimalement, sinon l'évaluation ne servirait à rien) et qui, dans la cartographie du futur, pourrait être à même de réaliser d'autres tâches.

Donc, on peut remplacer les noms de personnes par des libellés de fonctions, de secteurs, départements, etc. Cela dépend de l'ampleur du changement à mettre en place. La "guideline" est toujours de garder à l'esprit que le tableau doit être lisible - KISSSS - et ne pas se transformer en "usine à gaz". Il servira réellement de carte de lecture pour la communication et les plans d'action.

2. Prioriser les connaissances critiques

Cela consiste à définir le socle de connaissances incontournables qui permettent de réaliser 100% des activités de façon optimale.

Il s'agit de pondérer les activités dans la cartographie en fonction de leur impact et leur importance. En dégageant ce qu'on appelle les connaissances critiques (celles qui doivent absolument être maîtrisée car leur impact est déterminant sur le "business"), cela permet de mieux déterminer le "scope" de l'évaluation : il ne sert à rien d'évaluer des connaissances dont l'importance n'est pas déterminante, focalisons-nous sur l'essentiel (le "straight to the point" de notre fameux KISSSS).

3. Construire l'évaluation

Le contenu de l'évaluation doit évidemment être alimenté par des partenaires provenant des services business.

Dans sa structuration, elle doit toucher deux niveaux :
  • les connaissances explicites (les savoirs théoriques - conscientes)
  • les connaissances implicites (les connaissances confrontées à la réalité du terrain - inconscientes)
Ce deuxième niveau est évidemment crucial car, p.ex., connaître le fonctionnement d'un avion de chasse ne fait pas de moi un pilote d'avion. L'évaluation requiert donc de mettre en place des analyses de cas, "mises en situation", etc. par rapport à des situations probables sur le terrain. On distingue ici la règle générale et l'action qui est le résultat de l'application de cette règle.

La grille de correction doit être construite au moment de la conception de l'évaluation et non pas a postériori, cela afin de se retrouver dans une situation où l'on se demande comment on va pouvoir traiter les résultats.

Cette grille doit être standardisée et éviter les biais de subjectivité, elle doit permettre de construire des scores globaux qui peuvent servir de point de comparaison. Elle doit permettre de calculer des scores individuels mais aussi des indices statistiques collectifs (moyennes, écarts-types, etc.) de façon à pouvoir évaluer la progression dans le temps à ces deux niveaux.
 
4. Suivi de l'évaluation

Evaluer pour évaluer n'a aucun intérêt, l'évaluation doit rimer avec mesures répétées, plan d'action, ajustements, flexibilité, etc.

Sur le plan collectif, le suivi dans le temps doit permettre de mesurer l'efficacité des formations et sur l'évolution des connaissances mais aussi de développer des actions correctives sur la méthode elle-même si elle s'avère trop fastidieuse ou à l'inverse, trop simple.

Sur le plan individuel, elle permet de dégager des plans de formations et des actions  pour accélérer l'intégration des connaissances. Elle servira aussi de base de discussion avec le collaborateur, de façon à trouver la voie qui lui convient pour faciliter son développement individuel.

En bref...

Le but de ces deux articles sur l'évaluation était surtout de sensibiliser à la démarche et de partager mes réflexions sur le sujet. Je serais ravi d'avoir vos commentaires et propositions en la matière car je ne prétends pas avoir la science infuse en la matière. Alors, allez-y, votre avis m'intéresse et je ne demande qu'à susciter du partage de pratiques !


 

jeudi 30 octobre 2014

Evaluer les connaissances pour accompagner les changements organisationnels - Partie 1 : Pourquoi ?

Les organisations évoluent aujourd'hui dans un contexte de changement permanent et rapide. Elles doivent faire face à des défis technologiques, économiques et socio-politiques. Outre les effets de ces changements sur les personnes et les entités de l'organisation, ces défis révèlent des risques en termes de perte de connaissances (savoir et savoir-faire) qui peuvent être contre-productifs pour des organisations qui doivent être de plus en plus efficientes.

Plus spécifiquement, les organisations du secteur (semi-)public doivent réussir la transition d'une culture administrative/procédurale vers une culture orientée service/client, afin de répondre  - et mieux, d'anticiper - aux problèmes des citoyens qui attendent un service irréprochable. Cela est d'autant plus vrai dans le secteur des soins de santé et des assurances, où les effets de la concurrence se font sentir et forcent les organisations concernées à modifier rapidement leurs modes de fonctionnement.

Le risque de perte de connaissances est accentué par l'automatisation croissante et le remplacement des flux d'informations "papier" par des flux électroniques, par des pyramides d'âges où l'expertise est concentrée chez les collaborateurs les plus âgés (cela est logique dans des organisations où l'expertise et l'ancienneté étaient les seuls facteurs d'évolution pour les collaborateurs au 20ème siècle).

Dans la gestion des changements organisationnels et des transitions dans les métiers, il est donc crucial de préserver le pilier des connaissances pour éviter de déstabiliser la structure organisationnelle au cœur même de ses bases : son "core business". 

Préserver les connaissances implique de connaître l'état de ces connaissances au sein de l'entreprise. Deux perspectives peuvent être adoptées lorsque l'on aborde la thématique de l'évaluation des connaissances : (1) l'évaluation des outils qui permettent la circulation et le partage des connaissances dans l'organisation au niveau collectif et (2) l'analyse de la maîtrise des contenus mêmes aux niveaux collectif et individuel. Le présent article s'inscrit dans cette seconde perspective.

La première chose à réaliser pour se lancer dans ce type de démarche est de conscientiser le management et de briser LE mythe sur la connaissance : tout n'est pas documentable (et encore moins documenté). La majeure partie de la connaissance de l'organisation se trouve, non pas dans des bases de données, des bibliothèques, des procédures et des guides mais bien dans le cerveau des éléments qui constituent l'organisation : les employés. Et la plupart du temps, cette connaissance est implicite voire inconsciente, ils l'utilisent sans devoir y réfléchir consciemment (un peu comme la conduite automobile ne nous demande pas de penser explicitement à chacun de nos gestes face aux situations diverses que nous rencontrons sur la route). Il ne faut donc pas adopter (en tout cas pas uniquement) une approche informatisée ou procédurale (lourde) où tout un chacun serait invité à documenter tout ce qu'il fait et comment il le fait. Il faut largement favoriser l'approche relationnelle par la mise en place d'espaces d'échanges de connaissances formels et informels.

la partie immergée de l'iceberg représente la connaissance implicite possédée par les employés alors que les supports de connaissance "physique" (i.e., explicite) ne représentent qu'une petite partie de la connaissance totale dans une organisation.

Le plus gros enjeu dans la transmission des connaissances est d'arriver à rendre explicite cette connaissance implicite et pour cela, il est d'abord nécessaire d'identifier et d'évaluer la qualité de ces connaissances (ce n'est pas parce qu'une connaissance est implicite qu'elle induit les meilleures pratiques).

Pourquoi évaluer les connaissances ?

Pour faire l'état des lieux, poser le diagnostic initial et donc...
  • évaluer le risque de perte de connaissances
  • évaluer la maîtrise globale des activités
  • construire un plan d'apprentissage & développement basé sur une analyse concrète et proposant les actions les plus appropriées à la situation (e-learning, formation, coaching, intervisions, cursus universitaires, lectures, etc.)
Pour disposer d'indicateurs sur l'évolution des connaissances, pour quantifier les effets des programmes de formations aux niveaux collectifs et individuels et identifier des actions correctives si nécessaire. Il va de soi que cela implique au minimum une mesure avant et après implémentation du plan d'action pour pouvoir qualifier l'évolution.

Pour identifier le potentiel d'experts en interne. Ceux-ci peuvent transmettre leur connaissances aux autres collaborateurs, en endossant différents rôles dans le processus selon les compétences et préférences de chacun : formateur, référent / "helpdesk", mentor, coach, chargé de rédiger et mettre à jour des supports pédagogiques, etc. Cela demande de renforcer, non seulement les connaissances, mais aussi les "soft skills" de ces experts au niveau de la communication et des aspects pédagogiques. A noter aussi : cela représenter un levier de motivation et de reconnaissance pour ces collaborateurs experts.

Enfin, pour cibler les lacunes de chaque collaborateur et de les former uniquement sur les connaissances problématiques, en évitant les coûts résultant d'un envoi massif en formation de collaborateurs qui sont déjà experts dans certaines matières. Cela colle à la logique "ne pas tirer sur une mouche avec un canon".

jeudi 28 novembre 2013

5000

Le chiffre des 5000 consultations a été atteint avec le dernier billet posté... merci à toutes et tous pour l'intérêt que vous marquez pour ce blog ! J'espère vous donner envie de me lire, de débattre et de partager des idées encore longtemps.

Bonne journée.

lundi 25 novembre 2013

Le middle-management, courroie de distribution des organisations

Développer des approches "bottom-up", impliquer la base, consulter les collaborateurs, faire remonter les initiatives, c'est une pratique "tendance".

C'est vrai, c'est tendance mais c'est surtout une question de bon sens managérial (et pas seulement) : consulter les personnes les plus concernées par les décisions qui sont prises dans les hautes sphères, responsabiliser les collaborateurs, montrer qu'on s'intéresse à ce qu'ils ont à dire et surtout, qu'on écoute et qu'on intègre leur avis, etc., c'est particulièrement important. Important pour faciliter les changements, important pour faciliter la communication, important pour créer un climat de confiance, l'engagement et stimuler la performance.

L'approche ascendante (bottom-up) a ainsi doucement succédé fin des années 90 à une approche descendante (top-down) où le leader (charismatique... ou pas) de l'organisation dictait la stratégie de façon unilatérale. C'est une vieille pratique ancestrale basée sur la dominance sociale (appliquée de la préhistoire à l'ère industrielle). 

Pourquoi cela évolue-t-il autrement depuis plusieurs années ? Avec l'évolution des entreprises, des domaines d'expertise et des technologies, les choses se sont complexifiées : le "boss" n'est plus le seul maître à bord, il ne maîtrise plus le processus et ne peut plus tout contrôler, il délègue son pouvoir et il doit consulter "la base" pour appréhender le terrain, sans quoi il se couperait du réel et mènerait son entreprise à l'échec.

Toutefois, appliquer uniquement une approche ascendante ne s'appelle pas pour autant de la communication mais bien de la transmission d'information. un processus de communication, de vraie communication, implique des échanges (certains diront de la rétroaction). Sans échange, pas de dialogue, pas de co-création, pas d'adhésion, pas de clarification, pas de responsabilisation, pas d'implication, et pas de "plein de trucs se terminant par -tion" et bénéfiques au développement d'une organisa-tion.

Il est donc très important d'assurer une approche multiple dans la communication pour propager les messages et maximiser leur impact : ascendante, descendante mais aussi... horizontale (ou transversale).

Ce principe est d'autant plus important dans une perspective de "change management" où seule une perspective multi-canal/multi-niveau permet de mobiliser les employés moteurs du changement, les early adopters. Ce sont aussi ceux qui pourront plus que probablement contaminer les indécis voire (doux rêve) quelques résistants au changement par la force de leur exemple.

Dans une approche AsDeHo (ascendante-descendante-horizontale) de la communication, il faut donc commencer par analyser l'organigramme de l'entreprise et identifier le centre névralgique de la com'. Ce dernier est le rouage qui facilite la diffusion des messages mais qui contribue aussi à faire remonter l'information vers le top de façon spontanée ou réactive. 

Dans une grosse organisation où les niveaux sont multiples, l'acteur qui émerge de façon la plus évidente est le middle-management. Vous savez, ce sont ces responsables d'équipes qui doivent à la fois répondre à des exigences de terrain mais aussi être les ambassadeurs de la stratégie définie par la direction, ce sont des personnes généralement prises entre "le marteau et l'enclume", les Jean-Claude Vandamme de l'organisation (pas pour les qualités philosophiques mais bien pour pouvoir faire le grand écart entre des exigences paradoxales)

C'est dans cecadre que nous avons - ma collègue et moi - développé un projet pour renforcer cette "couche de l'organisation". Ce projet s'articule autour d'un dispositif complet d'accompagnement des middle-managers et présente plusieurs objectifs :
  1. favoriser le changement de culture managériale (du rôle "manager-expert" vers "manager-leader-coach")
  2. créer un espace d'échanges directs avec le top-management
  3. développer une communauté de pratiques entre middle-managers
  4. favoriser des techniques formelles et informelles d'apprentissage
Pour plus de détails sur ce projet, vous pouvez visualiser cette présentation :



Pourquoi avoir choisi de vous parler d'un projet spécifique plutôt que de rédiger, comme à mon habitude, un billet de réflexion sur un thème général ? 

Simplement parce que ce projet nous a permis de remporter le Prix de la presse au National Learning Award (Belgique) en juin 2013. Nous en sommes assez fiers et je pense que ce qui a intéressé une partie de la communauté RH présente à cet événement peut sans doute intéresser d'autres personnes. N'hésitez pas à commenter ou me contacter si vous avez des questions, propositions d'amélioration, etc. J'aime partager, j'adorer co-créer !

Bonne journée