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mardi 25 juillet 2017

Plongées en Bretagne du Nord

"Là où il fait beau plusieurs fois par jour" dit-on... Pour ma part, j'ai eu la chance de ne voir la pluie que le dernier jour.

Comme d'habitude, j'ai profité de mes vacances en famille pour me faire l'une ou l'autre exploration plongée.

La première semaine, nous étions sur les côtes d'Armor, plus précisément à Trébeurden, non loin de Perros-Guirec et de ses côtes de granit roses. Changement de décor pour la semaine, nous étions à Saint-Pol-de-Léon, dans la baie de Morlaix non loin de Roscoff (Finistère). A cet endroit, point de falaises mais une Bretagne bien plus agricole et maraîchère, avec une mer qui se retire entièrement à marée basse quand on se trouve à l'embouchure de la baie.

Voici ce que cela a donné en plongée :

1. Anse du Skewell (Ploumanach) – rocher dit « La Sorcière »


Pour la première semaine, nous sommes donc le long de la côte de granit rose, paysage singulier que l’on ne trouve que dans 3 pays dans le monde dont la Chine (dixit un guide lors d’un tour en bateau autour des 7 îles). Nous avons choisi « Joly Plongée » sur conseil d’un responsable de magasin à Perros-Guirec. Il existe une école associative de la FFESSM à Trébeurden (CAP), mais celle-ci exige la cotisation de 49€ à la 2F pour pouvoir plonger avec eux… pour une seule plongée et avant même d’envisager le coût de la plongée elle-même, ce n’était pas réaliste. Nous étions donc à la recherche d'une autre solution, trouvée grâce au patron de "Aux plongeurs bretons".

Nous prenons contact avec Mr Joly, le rdv est fixé à 9h 14 juillet dans le port de Ploumanach... ça commence bien : il n’est pas au rdv, à 9h15, je l’appelle, il me dit que le rdv est fixé à 9h00 et qu’il n’est que 8h30, avant de se rendre compte que sa montre est arrêtée… on en rit avec mon binôme et on fixe finalement le rdv un peu plus loin dans le port de Trégastel car il doit louer un bateau (le sien est en panne – décidément…). Arrivés à Trégastel, on attend encore puis il arrive en nous disant qu’il est venu nous chercher à Ploumanach et que nous n’étions pas là… là on rit un peu moins car on attend depuis 30’ dans le vent frais du matin mais bon, je me dis juste que l’homme n’est pas un pro de l’accueil et qu’on s’est mal compris (c'était le 14 juillet aussi...), tant qu’il sait ce qu’il fait pour nous faire plonger… Il nous indique que c’est en fonction des courants qu’il pourra fixer le site, ce sera une plongée « kinder surprise » donc 😀.

Bref, on embarque sur le Zodiac et finalement, c’est parti pour l'Anse du Skewell. Ça souffle pas mal et la mer déménage mais le site est franchement bien abrité. C'est même plutôt étonnant car cet endroit est réputé pour être l'un de ceux où la houle est la plus forte. Notre skipper connaît bien son affaire... Nous y réalisons une belle plongée au milieu des laminaires entre 5m et 22m. Le paysage est vraiment atypique : tombant fait de grosses roches de granit rondes et déformées, les laminaires au fond dansent au gré du courant, nos lampes mettent en évidence la teinte rose de la roche et le vert intense des grandes algues.

La visibilité est d’une dizaine de mètres et nous y découvrons de nombreux tacauds, étrilles (petits crabes), anémones, cérianthes, spirographes, labridés, gobies… La plongée est belle, la faune n’est certes pas surprenante mais le paysage est vraiment particulier et vaut le détour. La qualité de la visibilité m’a aussi étonné, je m’attendais davantage à une ambiance « Zélande », plus sombre et de quelques mètres au mieux.

laminaire

paysage de granit rose

gobie

spirographe... cet animal est en fait un ver


étrille
Au retour, nous avons droit au franchissement du « mur » (d'après Mr Joly himself) pour accéder au port de Trégastel… le vent s’est méchamment levé, la mer aussi et nous entrons dans les plus gros creux que j’ai personnellement connus… c'est les montagnes russes et je suis content de ne pas être sensible au mal de mer car ça secoue à fond, c’est impressionnant. Bref, je n’oublierai pas cette première expérience bretonne.

Prix de la plongée en autonomie (juillet 2017) : 33€ + 8€ (location détendeurs+stab)
Pas de site web mais son numéro de téléphone est disponible sur le web en cherchant "Joly Plongée". L'homme est "brut de décoffrage" mais il fait bien son boulot.


2. L’épave de l’Aboukir Bay dans la Baie de Morlaix.


Lors de ma deuxième semaine de vacances, je planifie avec mon binôme une plongée « épave » dans la Baie de Morlaix avec Carantec Nautisme. C’est super pro depuis l’accueil jusqu’à l’infrastructure : il y a même un bac de désinfectant pour plonger le matériel avant rinçage… je n’avais jamais vu cela avant, mon matériel va vivre sa première désinfection depuis son acha (ça ne peut pas faire de mal).

Nous démarrons donc pour 25 minutes de navigation qui nous mènent au-dessus de l’Aboukir Bay (http://fr.wikipedia.org/wiki/Aboukir_Bay), cargo  de transport voile/vapeur de 3 mâts, 65m et 1117 tonneaux qui a sombré corps et biens, après avoir talonné le rocher du Rater.

La structure de l’épave est aujourd’hui disloquée et mise à plat. Elle repose entre -27 et -30m (à l'étale de marée haute), juste derrière l’ancre de presque 2m qui est restée posée en position diagonale. Les mâts creux son disloqués et abritent gorgones et congres alors que la structure est couverte de gorgones oranges, blanches, d’oursins, d’araignées de mer "maousses" et de homards qui se réfugient dans les membrures. Les congres sont tout simplement énormes ! à la sortie, le pilote nous dit que ce sont en plus des juvéniles (on ne saura jamais si c’était juste pour nous impressionner)

Nous plongeons à l'étale et y réalisons une belle exploration de presque 25 minutes avant de remonter avec l’impression d’avoir joué les Tintin sur l'épave de la Licorne, arborant un grand sourire (malgré le détendeur en bouche, ça se voit) au palier.

Prix de la plongée en autonomie (juillet 2017) : 32€ + 7€ (location détendeurs+stab ; prix dégressif en fonction du nb de pièces louées)
http://www.carantec-nautisme.com/

araignée de mer


partie de la structure de coque

congre dans la coque

volant moteur
gorgone

ancre du bateau
congre caché dans un des morceaux de mât creux... le diamètre du mât à cet endroit est de 40-50 cm, cela donne une idée de la taille de la tête de l'animal

samedi 1 octobre 2016

Immersions dans le Golfe d'Amour

Un ciel au beau fixe, une mer calme, un accueil et une humeur générale propices à la détente, telles étaient les conditions à notre arrivée à La Madrague (celle de Saint-Cyr sur Mer et non celle de B.B. que j'étais heureux de ne pas croiser finalement).

Avec notre club, le Glaucos, nous avons réalisé 6 plongées grâce à l'infrastructure d'Azur Plongée. Ce centre présente divers avantages : peu de marche pour rejoindre le bateau (le centre est dans le port), gonflage Nitrox, O2, 300 bars, avec pour la possibilité pour les teks de concevoir des mélanges plus "exotiques" (trimix etc.)

A l'arrivée le premier jour, l'espace devant le centre est bondé (il y a 3 groupes de plongeurs différents) mais tout est organisé par Véronique (la gestionnaire du centre) qui ne se laisse pas démonter par les demandes diverses qui affluent de tous les côtés. Pas de souci pour nos 12 plongeurs au milieu du lot, tout est prévu (hormis l'une ou l'autre bouteille encore à gonfler ou oubliée dans l'aventure... cela nous rappelle la nécessité de vérifier son bloc avant de le monter).

Nous embarquons sur leur semi-rigide (24 places) propulsé par 2 moteurs 225cv (mazette, ça décoifferait un chauve quand le skipper tape les gaz à fond !) pour rejoindre les sites de plongées qui se trouvent dans le Golfe et autour de l'Ile Verte.

Notre programme a été le suivant.

Premier jour

Pain de sucre (voir vidéo) et "balise" (une bouée cardinale en béton signalant l'Ile Verte).

En chemin vers la première plongée du séjour, un plongeur repère une douzaine de dauphins qui se déplacent au bord du Golfe. Notre pilote les rejoint rapidement et nous les accompagnons pendant une dizaine de minutes. Ce séjour commence fort ! c'est un instant rare que nous avons vécu. Tout monde a déjà le sourire sur le bateau et pour tous, la journée est déjà réussie.

Le Pain de Sucre et la Balise sont des plongées sur des "secs" (des imposant rochers qu'on appelle aussi "patates") qui descendent à une quarantaine de mètres, on y trouve de magnifiques gorgones bleues très bien préservées, des sars tambours, un énorme banc de daurades, des rougets, des mérous, murènes, des langoustes et des labres en tous genres.

Le plus remarquable en plongée est la visibilité : je lève la tête à plus de 35m et je vois carrément l'eau nettement clapoter sous le soleil en surface. Des conditions parfaites donc.



Deuxième jour

Visite de l'épave du P38 (voir vidéo) et Petit Moure & Grand Moure (tombants à max. 36m pour notre plongée mais ça descend à 45-50m)

L'épave du P38 d'abord. Mon binôme et moi, nous la convoitons depuis 2014 (nous étions venus pour y plonger cette année-là mais les conditions météo nous avaient empêchés de la faire)... Finalement, la patience a été récompensée puisque nous la découvrons dans des conditions idéales : aucun courant, une température au fond (39m) de 20°C et une visibilité qui dépasse les 30m !

En surface, le pilote nous briefe, il nous explique qu'il va larguer les plongeurs au fur et à mesure, les premiers plongeurs prêts peuvent se préparer à sauter à l'eau... Coup de bol, je suis prêt (d'habitude je suis plutôt du genre lent mais là, j'étais au taquet), mon binôme aussi : nous plongeons donc les premiers et amorçons notre descente à la bouée signalant l'épave.

La descente est magique, nous avons l'impression de planer, l'épave est visible dès les 10 premiers mètres passés et nous venons lentement nous poser près du fuselage central de l'appareil, échoué sur le fond de 40m à l'envers (les roues sont rentrées mais les volets sont ouverts, les pneus sont toujours là). Les hélices sont toujours en place (même si le moteur droit s'est détaché en coulant pour venir se poser à proximité du moteur gauche). Les mitrailleuses tendent encore leurs canons vers l'horizon depuis le nez de l'appareil.

Cet avion de chasse (Lockheed P58 Lightning de l'US Navy) a été abattu en combat aérien durant la seconde guerre mondiale par l'armée allemande. C'est donc une épave chargée d'histoire que nous visitons.

Nous commençons à visiter l'épave et je suis aux anges : elles pleine de vie. Je suis d'abord accueilli par une mostelle, puis j'y découvre une, deux et puis trois murènes. De même avec les rascasses et les langoustes : ils ont colonisé l'appareil. Sur l'une des ailes, des rougets sont alignés en rang d'oignons. En scrutant sous le fuselage, je découvre une galathée colorée.

Nous aurons ainsi l'épave "rien que pour nous" pendant 10 minutes avant de voir les autres plongeurs arriver... Nous décidons de faire un tour large de l'appareil pour avoir un meilleur panorama de l'épave et après une vingtaine de minutes au fond, nous amorçons la remontée. Je ne vous dis pas la banane que nous avions au palier, nous nous réjouissions de remonter sur la bateau pour partager nos impressions. Bref, une plongée largement à la hauteur de nos attentes.


L'après-midi est à l'image de cette première plongée. Elle sera, quant à elle, plutôt vertigineuse.

Nous découvrons deux tombants (rupture brutale dans le relief qui forme des falaises sous-marines) : le Petit Moure et le Grand Moure. En toute logique, le Grand Moure en est le plus majestueux.

L'excellente visibilité et l'absence de courant nous permet de vivre ce qui se rapproche d'un "base jump" de 15m à 36m... Arrivés au bord du tombant, nous nous laissons descendre avec cette impression de voler le long d'un gigantesque mur rempli de gorgones bleues majestueuses, d'éponges et de coraux rouges. Nous y découvrons une murène en pleine eau, d'autres murènes plus farouches, une énorme mostelle, ainsi que des mérous en balade. Nous effectuons la balade en remontée douce puis vers le retour, nous visitons le Petit Moure. Nous terminerons une plongée de 56 minutes après avoir largement dépassé notre temps requis de palier : nous n'avons pas envie de remonter, bercés par l'immensité du bleu, en vol avec les nuées de poissons qui nous entourent à perte de vue. Et les copains qui nous rejoignent au fur et à mesure font de même... c'est un beau moment partagé en groupe.

Troisième jour 


Les Roustauds le matin (max. 36m) et la Pointe Fauconnière l'après-midi (voir vidéo - max. 21m en "grattant" mais ce n'est pas l'intérêt de la plongée).

Le matin, nous visitons les Roustauds, un sec qui descend à 40m. Le relief est à nouveau rempli de gorgones bleues. Nous y surprenons d'énormes mérous, des murènes et un beau barracuda en levant la tête.

L'après-midi, dernière plongée sur la Pointe Fauconnière à l'est du golfe, un site "light" mais intéressant pour le relief côtier, la présence de tunnels et d'une belle grotte. Nous n'avons absolument pas envie de remonter et nous ferons ainsi durer la plongée 76 minutes, juste parce que le pilote a demandé d'avoir encore 50 bars dans la bouteille sinon nous y aurions bien encore traîné un peu :-)



Je n'avais jamais connu des conditions de plongée pareilles, que ce soit aux en Zélande, aux Canaries ou en Méditerranée... Nous sommes plutôt coutumiers de la présence de courant et/ou d'une visibilité moyenne mais les deux paramètres positivement réunis, l'excellente visi et la mer d'huile, qu'est-ce que c'était bien !

Photo: Françoise Kempeners

samedi 14 mai 2016

Plongées à Lanzarote

Aaaah Lanzarote (et les Canaries en général), qu'est-ce qu'on y est bien : un dépaysement total avec des paysages volcaniques, une nature préservée et des constructions à taille humaine (une loin interdit les constructions de plus de 4 étages), de magnifiques plages, des vues à tomber par terre, des restaurants de poissons (issus de la pêche locale dans l'une des plus grande réserve de pêche d'Europe), du vin délicieux et de caractère qui ne s'exporte pas, un climat constant doux et sec à 25°C, avec pas mal de vent... ça, c'est pour la partie "terre".

Mais qu'en est-il sous l'eau ?

J'ai déjà eu l'occasion de partager quelques expériences de plongée sur l'île de Fuerteventura (la voisine de Lanzarote). Comparée à Fuerteventura, Lanzarote présente un potentiel de plongée plus large : il est plus facile d'y trouver de la profondeur, les paysages sous-marin volcaniques sont assez atypiques et on y trouve beaucoup plus d'éléments accrochés au relief (faune et flore), il y a aussi quelques épaves, une réserve naturelle, etc. Bref, Lanzarote a tout pour me plaire aux plongeurs.

Eric, le responsable du centre de plongée me confessera qu'après avoir étudié la question avant de s'installer, il a déduit que Lanzarote est le plus bel endroit de plongée des Canaries avec El Hierro (île à l'exact opposé de l'archipel, à l'ouest, plus petite, plus sauvage - "là où Jésus a perdu ses pompes tellement c'est perdu" dixit Eric).

J'avais déjà eu l'occasion de profiter de quelques plongées en 2010 mais mon niveau de l'époque me limitait à 18m. Toutefois, elles m'avaient déjà laissé un souvenir positif et l'envie d'y revenir : chose faite en ce mois de mai.

La faune est comparable à celle observée en Méditerranée (déjà décrite dans le sujet sur Fuerteventura). J'y ai observé quelques beaux mérous, bonite, carangues, barracudas, murène, des seiches, nudibranches, crénilabres et des poissons en tous genres... mais surtout, j'ai pu y voir un Requin Ange (appelé aussi Ange de mer). Cette fois il était posé au sol et n'était malheureusement pas en mouvement (comme j'avais eu la chance de l'observer en 2010). Cette espèce est assez rare et se rencontre quasi exclusivement (en tout cas avec une récurrence plus importante) aux Canaries.

Au nord de l'île, les plongées se font généralement du bord (pour 80% des sites à mon avis) et démarrent du même endroit : Playa Chica à Puerto Del Carmen (au sud, les plongées démarrent de Playa Blanca). Si vous y allez uniquement pour plonger, pensez à loger dans cette ville ou prévoyez une voiture de location (de toute façon indispensable à mon avis pour parcourir l'île en toute liberté et peu coûteux). Pour ma part, je logeais à Costa Teguise et me rendais au lieu de plongée en voiture (20').

Costa Teguise n'est pas un lieu intéressant pour la plongée (mais sympa pour le snorkeling). Si vous plongez avec un des centres de cette station, ils vous emmèneront... à Puerto Del Carmen (même si - pour l'anecdote - en 2010 le centre avec lequel je plongeais m'a emmené sur un site plus au nord... Charco de Palo, lieu de prédilection des naturistes... je préfère ne pas évoquer la vision sous l'eau à faible profondeur quand on levait les yeux près du rivage).

Bref, sachant cela, j'ai préféré directement prendre contact avec un centre de Puerto Del Carmen : Aquasport Diving. Il est tenu par deux Français, Géraldine et Eric (issus au départ de la FFESSM mais ils ont travaillé au Mexique pour des centres renommés tel Phocéa et peuvent prodiguer des formations un peu pour toutes les ligues, si j'ai bien suivi, Eric devenu récemment instructeur ADIP). Le centre est un peu compliqué à trouver la première fois mais ils ont tout mis en oeuvre pour qu'on le trouve facilement (notamment la vidéo très bien faite) : http://aquasportdiving.com/fr/centre-de-plongee/comment-nous-trouver/

Les contacts préparatoires par mail étaient très positifs, accueillants et suivis. Une fois sur place, l'accueil a été tout aussi chaleureux et flexible que ce soit à l'inscription, planning et en plongée. Ils visent à satisfaire leurs clients pour qu'ils remontent avec de chouettes souvenirs de plongées.

Ils tiennent compte des niveaux pour éviter des palanquées hétérogènes en "bourrant" le maximum de personne dans la même plongée : pour les deux premières plongées, nous étions 8 plongeurs sur le bateau et pour les deux plongées du bord, nous étions respectivement 5 puis 3 (guide inclus) pour la plongée. La taille des groupes m'a donc toujours permis de profiter pleinement de mes plongées sans avoir en permanence 10 personnes dans le champ de vision et des bulles partout. Pour les plongées bateau, il faut compter un surcoût de 8,50€ par plongée (comme expliqué ci-dessus, la plongée classique se fait du bord et la plongée bateau est exceptionnelle), ce qui n'est pas à négliger dans le budget. J'avais mon matériel de base mais je louais gilet, détendeur et palmes. Leur matériel est en très bon état. Les plongées sont réalisées en 12L et le Nitrox est en supplément.

Eric est généralement le premier à arriver sur le site, il me donnait rdv à 8h30 et il était généralement déjà là quand j'arrivais. Cela nous permettait de plonger avant l'arrivée des autres centres de plongées. Ses briefings étaient clairs et suffisamment concrets pour retrouver sous l'eau les éléments d'intérêt qu'il nous avait expliqué hors de l'eau. La durée des plongées était en moyenne de 40' avec des profondeurs maximales entre 30 et 35m. La durée de marche pour rejoindre la mise à l'eau est d'environs 50m et la mise à l'eau se fait soit de la plage, soit via un escalier (ce même escalier est le point de départ pour monter dans le bateau). Les plongées sont faciles, la descente se fait le long des tombants et la remontée se fait lentement. Les sites sont abrités et les courants ne sont pas importants (même si on peut les sentir sous l'eau selon la météo).



Pour les accompagnants, cet endroit est idéal car il permet de profiter d'une plage très sympa, de faire du snorkeling, d'aller se promener dans le port tout proche - où il y a une plaine de jeux, etc. pendant que les plongées se déroulent. Autre atout pour les familles et les couples : le rendez-vous est fixé à 8h30 le matin et on en a terminé à 12h30, ce qui permet de profiter de l'après-midi en famille ou à deux.

Assez discuté, voici quelques images qui résument mes 160' de plongée... La vidéo vaut  ce qu'elle vaut et ne reflète pas assez à mes yeux la qualité des plongées (d'autant plus que j'avais oublié mon éclairage à la maison pour les parties sombres "sous plafond" ou plus profondes) :



Après les plongées, je vous recommande chaudement de vous rendre à pied au port (5') pour aller déguster un plat de poisson à la Lonja (restaurant attenant à une poissonnerie - du producteur au consommateur donc) en dégustant du vin blanc de Lanzarote bien frappé (ma préférence allant au Bermejo seco Malvasia mais le Vega de Yuco vaut le coup aussi). Les poissons proviennent de la réserve de la Graciosa, l'une des plus grande réserve de pêche en Europe. Par contre, nous avons été déçu par la paëlla, elle était beaucoup trop salée (mieux vaut le savoir car le reste de la carte est délicieux).

Rien qu'à écrire cela, je me réjouis d'y retourner :-)

Bonnes plongées !

samedi 23 mai 2015

Plongées à Portofino... Bella Liguria !

Fraîchement revenu de quelques plongées en Italie à Portofino organisées par mon club Glaucos Diving School (Verviers), je ne résiste pas à l'envie de vous en rapporter l'essentiel. Ces plongées étaient très belles, lumineuses et riches de faune.

Portofino se situe à l'est de Gênes et fait partie de la Riviera italienne. C'est un patelin magnifique qui est présenté comme le "Saint-Tropez italien" (et les prix d'une boisson en terrasse sur place en attestent certainement...)

Nous logions un peu plus à l'est à Lavagna (où l'on trouve le chantier naval et un grand port de plaisance). Nos plongées étaient organisées par le centre Odissea Sub avec Guido, grande base italienne aux allures de viking, très sympathique au demeurant, et son assistante, la souriante Eléna.

Ce centre est équipé de tout le confort nécessaire : gonflage mélanges Nitrox (*) jusque 100%, mise à disposition de blocs 15L et 18L air, nitrox ou deco, grandes banquettes pour s'équiper, espaces de rangements et de séchage (qui pourraient être mieux organisés toutefois), douches et commodités (mais un seul WC, c'est un peu juste pour 30 personnes revenant de leur plongée ;-), etc.




(*) pour les "profanes" et expliqué de façon très simple, le nitrox est un mélange suroxygéné (> 21%) qui, selon l'utilisation faite, permet de réduire les risques de narcose liée à l'azote (ce qu'on appelle couramment "l'ivresse des profondeurs"), de réduire le risque d'accident de décompression, de passer davantage de temps au fond sans pallier, de réduire la durée des palliers, d'être moins fatigué après une plongée, etc.

Bon, voilà pour la description du centre... en plongée maintenant.

Nous avons principalement visité 3 lieux dans la réserve de Portofino : le Phare de Portofino (La Scalina), San Fruttuoso (Punta Dell'Indiano et le Christ des Abysses), Altare. Nous avons aussi eu l'occasion de visiter une épave de l'autre côté de Lavagna à hauteur de Sestri Levante.



1. le Christ des Abysses :

Pour cette plongée à San Fruttuoso, je n'avais pas emporté ma caméra. J'étais aux commandes de la plongée et je voulais d'abord m'assurer que tout se passait bien pour la première immersion du séjour.

Donc pas de vidéo personnelle mais je me permets (en citant la source) de reprendre une photo qui illustre l'ambiance mystique de l'endroit.


Source : http://s35.photobucket.com/user/TemptedBlaze/media/Bucket%20List/336020.jpg.html
Ce site vaut la peine, ne serait-ce pour le côté insolite et le caractère particulier que représente le fait de croiser une statue assez imposante sous l'eau, surtout si la lumière du soleil est présente pour ajouter encore un peu de "mystique" à ce lieu.

Je m'étais imaginé une statue beaucoup plus grande : dans les faits, elle ne mesure environs que 2,5m (pour la perception que j'en ai eu en me positionnant verticalement en face de J-C les yeux dans les yeux) mais elle est posée sur un socle très imposant. Le bas du socle repose sur 14m de fond et le haut des bras se situe à environs 9m.

Pour la plongée, il est plus intéressant d'aller voir le tombant qui se trouve un peu plus loin vers le large et qui descend jusque +/- 40m et de terminer par la "visite" de la statue.

Toutefois, sans ce monument, le tombant en lui-même n'était pas le plus beau et le plus habité du séjour.


2. La Scalina :

Pour notre deuxième plongée de la 1ère journée, direction vers le Phare de Portofino. Le spot de La Scalina se situe quelque part entre le phare (Punta Portofino sur la carte) et le port de Portofino, en face d'un escalier qui descend le long de la falaise jusqu'à la mer.

Ayant seulement 199 plongées (hey, je ferai ma 200ème ce samedi 23 mai !) à mon actif, je suis certainement loin d'avoir tout vu puisque je ne suis quasiment jamais sorti de la Méditerranée mais - à mon niveau - c'était un des plus chouettes sites que j'ai visités. Il était particulièrement habité. 

Dans cette plongée, au-délà de 30m, on ne trouve que sable et cailloux. Rien d'intéressant donc. Par contre, plus on remonte, plus la faune et la flore sont riches.

Nous y avons vu plusieurs mérous de toutes tailles (des petits comme des "maousses" pas trop farouches), j'ai été littéralement hypnotisé par le passage d'un banc de jeunes barracudas, autour duquel tournait un spécimen adulte de bonne taille, deux murènes s'étaient cachées le long d'espaces rocheux qui nous permettaient d'admirer la souplesse et les couleurs de leur corps. Les roches était couvertes de belles gorgones bleues et de corail rouge. Des rougets grattaient le sable à la recherche de nourriture. Des labridés divers passaient à toute vitesse autour de nous. Des corbs traçaient parfois notre trajectoire. Nous étions entourés de bancs de saupes et de nuages de castagnoles. En fin de plongée, nous avons observé des carangues se jeter à pleine vitesse dans les remous des vagues contre la roche en surface.

Voici une vidéo de cette plongée :




 2. Cargo Armato

Après une journée complète sans plongée à cause des conditions météo venteuses (cela nous a finalement permis de visiter le joli village de Portofino et son vieux port, nichés au bout d'une route côtière, certes étroite, mais magnifique), nous avons commencé la journée par une plongée sur l'épave du Cargo Armato, bateau commercial réquisitionné et armé successivement en 1939 par les Français, puis en 1942 par les Allemands. Il a été finalement torpillé par les Britanniques en 1944 au large du village de Sestri Levante.

Avec la violence de l'explosion, l'épave est cassée en deux et repose sur le fond à 35m (le plus haut point du pont se situe à +/- 27m).


La descente se fait le long d'un bout (une corde attachée au bateau au bout de laquelle flotte une bouée en surface) et arrive sur la partie avant qui nous a été présentée comme la mieux conservée. Nous visitons l'épave de la "poupe" à la proue. On y retrouve encore les supports des mitrailleuses et l'un ou l'autre hublot. 

Nous n'entrerons pas dans les cales même si celles-ci sont claires et larges car elles menacent apparemment de s'effondrer. Il y a toutefois plein de trous et ouvertures dans la coque pour se faire une idée de l'intérieur et explorer les recoins du bâtiment. 

Au niveau de la vie marine observé, vu la situation venteuse et la houle de la veille, la visibilité n'est pas au top et nous n'avons vu que des castagnoles.

En images :




3. Altare
De jour...


Nous sommes ensuite retournés dans la réserve pour y visiter un spot assez singulier pour son relief et son paysage sous-marin: Altare (l'autel en italien). Ce site doit son nom à une énorme pierre plate inclinée qui ressemble à l'autel d'une église.

On démarre en se mettant la côte à main droite et vers 16m, 3 monolithes marquent l'entrée d'un superbe tombant. En passant entre la deuxième et la troisième roche, on arrive sur le bord d'une falaise et on entame une descente que nous limitons - comme prévu au départ - à 35m, même si l'envie de descendre est bien là, vu la sensation agréable que cette "chute libre le long d'un mur" procure. 

A nouveau, le tombant est majestueux, habité de coraux, éponges et gorgones.

En remontant dans la zone des 10m, nous y observons une parade nuptiale entre deux mérous, c'est une première pour moi. Je suis encore fasciné par cette scène chaque fois que je visionne la vidéo. J'avais eu l'occasion d'observer de près des comportements reproducteurs chez les labridés (et spécifiquement ceux de Symphodus ocellatus, durant un stage d'éthologie marine en Corse) mais jamais encore chez une espèce de la taille du mérou. C'est simplement majestueux.

Nous y rencontrerons aussi quelques variétés de méduses, un bernard l'hermite, ainsi que les espèces déjà décrites lors de la plongée à La Scalina.

Je suis sorti de cette plongée avec un large sourire béat et un mot bref à la bouche : "wow"... magnifique site donc.

Quelques images de cette plongée ? c'est par ici :



Et de nuit...

Histoire de comparer l'ambiance et la vie sur un même site entre le jour et la nuit, nous sommes retournés en soirée sur le site d'Altare. J'avais beaucoup d'attentes par rapport à cette plongée, notamment celle de croiser davantage de poulpes. Cette attente ne sera pas satisfaite : nous y croiserons seulement une grande araignée de mer et quelques poissons curieux. Le site semble aussi endormi que les compagnons qui sont restés à l'hôtel. 

L'ambiance générale vaut toutefois le détour, ne serait-ce que pour faire la descente du tombant dans la lumière des phares, la chute semble vertigineuse.

Proche de la surface, en éteignant les lampes et secouant les bras, il est possible de découvrir le plancton, bioluminescent.

Bref, c'était une balade sympathique, qui m'a un peu déçu au niveau de la vie présente mais qui vaut la peine, ne serait-ce que pour l'ambiance générale et le paysage qui défile durant la navigation.


(c) ArnoLgs 2015
4. Punta Dell'Indiano
Ce sera la dernière plongée du séjour. L'une des plus belles. Cela tient sans doute au fait que le soleil est complètement de la partie et nous crée une ambiance magnifique à l'immersion.

Nous démarrons dans le sable à 15-20m mais arrivons rapidement sur un tombant que nous visiterons jusque 40m. Encore un nouveau paysage à découvrir. Chouette !

La paroi est remplie d'énormes gorgones bleues. A nouveau, les mérous nous approchent mais restent à distance raisonnable de nous. Quelques colbs et sars communs passent devant nous, comme pour nous montrer le chemin. Nous verrons aussi passer l'une ou l'autre carangue au loin. Lors du pallier, quelques poissons viennent voir de près la lentille de mon caméra.

Cette plongée étant la dernière, j'en profite un max. pour observer et découvrir, certes, mais aussi pour profiter pleinement des sensations procurées par la légèreté et cette impression constante de planer au-dessus du relief.

Cette plongée en vidéo :



Rédiger ce billet me donne vraiment l'envie d'y retourner rapidement...

N'hésitez pas à me communiquer vos impressions et vos questions !

samedi 15 novembre 2014

Plonger en Belgique, dans des lacs et des carrières lugubres ? mais quelle horreur !

Passionné de plongée loisir depuis de nombreuses années (avec plus ou moins d'assiduité selon les périodes de vie), une question revient toujours sur le tapis lorsque je discute avec des "profanes" de la plongée : "mais qu'est-ce qu'il y a donc de passionnant à plonger en Belgique, dans des eaux vaseuses, noires et lugubres et où il n'y rien à voir ?" (non-verbal de l'interlocuteur : dubitatif voire proche de me prendre pour un fou). Cette question est parfois formulée avec davantage de dédain sous la forme "mais qu'est-ce que tu vas donc foutre au fond de trous sombres et froids où il n'y a rien?"

Ma réponse est systématiquement celle-ci : 

En fait, c'est tout le contraire. Il y a beaucoup de choses à découvrir au fond de nos lacs et carrières, une faune, une flore, un biotope. On y croise des carpes, des brochets, des esturgeons, des perches, des anguilles mais aussi des coques (moules, anodontes, etc.), des éponges, des petites méduses inoffensives, des écrevisses et des crevettes. On y croise de belles algues qui peuvent parfois monter sur plusieurs mètres et sont resplendissantes lorsqu'elles sont éclairées par la lumière du soleil dans les 10 premiers mètres de profondeur. En soulevant les cailloux, on découvre souvent de nombreux petits poissons qui ne sont pas perceptibles si on traverse le milieu trop rapidement. Chaque plongée est donc à la fois une exploration et un jeu (notamment grâce aux diverses épaves de bateau, chars, avions, tubes, etc. qui servent de récifs artificiels à la faune et flore).
 
source : http://club-subaquatique-evian.over-blog.com/article-faune-flore-d-eau-douce-france-68756279.html - ce dessin ne reprend qu'un petite partie de la faune que l'on peut découvrir sous l'eau douce.

S'il est vrai que ce sont des conditions de plongée qui demandent parfois plus de précautions ou d'"enthousiasme" que les plongées dans les mers calmes, chaudes et limpides, la visibilité est généralement suffisante pour découvrir un paysage subaquatique particulier, étonnant, voire parfois magique quand on s'y trouve au bon moment.

Il y a quelques années, il était plutôt difficile pour le commun des plongeurs de convaincre leurs interlocuteurs avec ce seul argument. Et puis, une opportunité s'est enfin présentée : la généralisation et la démocratisation des "action cameras" qui permettent de descendre une petite caméra sous l'eau sans devoir engager le prix d'une automobile (et de réaliser des montages soi-même avec des applications de plus en plus simples). 

Comme des illustrations valent mieux que tous les bons discours, je vous propose quelques courtes vidéos de mon cru que vous pouvez visionner. Les images ont été captées dans trois carrières différentes de notre belle région Wallonne : à La Gombe (Liège, 1 vidéo au printemps et l'autre en hiver), Lillé-Sprimont (Liège, en hiver), Vodelée (Namur, au printemps).

1. La Gombe (ancienne carrière de grès située à Esneux, profondeur max. = 30m)



2. Lillé (ancienne carrière de petit granit située à Sprimont, profondeur max. = 25-30m selon les années, périodes, saisons)


3. Vodelée (ancienne carrière de granit située à Doische, profondeur max. = 40m)


Et, quitte à être taxé de mauvaise foi, je conclurai par ce propos : même quand on n'y voit pas grand chose, la plongée dans ces plans d'eau reste l'occasion de s'amuser et de vivre une agréable sensation proche de l'apesanteur (que seul celui qui a testé la plongée peut connaître).

Référence - un livre à recommander pour découvrir la vie en eau douce :

Corolla, J.P., Kupfer, M., Rochefort, G., Sohier, S. (2012). La vie en eau douce : les carnets du plongeur. Editions Neptune Plongée.


mercredi 7 août 2013

Testé pour vous : Plonger à Fuerteventura

Une fois n'est pas coutume, parce que c'est les vacances et que les loisirs contribuent aussi à développer les individus, j'ai décidé de publier le compte-rendu de mes plongées à Fuerteventura.  Cette île fait partie des Canaries et est un peu plus méconnue et moins fréquentée que les autres.
  
Nous y sommes restés 2 semaines en famille et j’ai eu l’occasion de réaliser 5 plongées avec 3 centres de plongée différents. Je me suis donc dit modestement que mon feed-back pouvait intéresser d'autres plongeurs, réguliers ou pas. Ce n’était donc pas un voyage plongée en soi mais le lieu s’y prêtait plutôt bien et mon avis prendra en compte aussi l’intérêt des lieux pour les accompagnants, souvent laissés pour compte dans les descriptions habituelles dans les articles « plongée ». Pour les non-plongeurs me suivant habituellement sur les thèmes plus "pro", vous pourrez profiter des vidéos que j'y ai réalisées et partager un peu de cette passion.

Corralejo

La première semaine, nous résidions à Corralejo à la pointe nord-est de l’île. L’endroit est très sympa, c’est une station balnéaire fréquentée mais qui a su conserver des plages et des bâtiments typiques, avec des restos et bars très chouettes, paisibles et avec vue sur l’océan (essayer la Marquesina pour ses poissons et le Mojito Beach club, cosy à souhait avec des Mojitos de toutes sortes).
Los Lobos depuis Corralejo (c) ArnoLgs 2013


Attablé à la Marquesina, Corralejo (c) ArnoLgs 2013

A voir en rayonnant en voiture depuis Corralejo : Les plages et falaises d'El Cotillo (réputées pour le surf), faire la piste entre Lajarès et Corralejo (gare aux pneus toutefois), se promener dans les "dunas" au sud de la ville, on se croirait dans le sahara (s'il n'y avait ce foutu hotel construit sauvagement au milieu de ce superbe endroit).
   
L'océan atlantique
depuis les plages des Dunas de Corralejo(c) ArnoLgs 2013

Dunas, Corralejo (c) ArnoLgs 2013

Bon, la plongée maintenant... J’ai testé deux centres de plongée sur place : Mar Y Mas (tenu par une manager allemande) et Punta Amanay (géré par Kristof, belge expatrié là-bas depuis plus de 20 ans).

Question accueil, les deux se valent, le personnel est sympa, tout est facile, pas besoin de s'y prendre 5 jours avant pour plonger (du moins, en juillet). 

Tous demandent deux papiers nécessaires pour pouvoir s'inscrire dans le cadre de plongées pour personnes expérimentées : le brevet de plongée et le certificat médical (insolite : Mar y Mas me propose de rédiger un certif pour quelques euros si je n’en ai pas… mouais)

J’explique ce que je recherche : je loue tout le matos sauf masque/ordinateur/lampe, j’ai envie de réaliser des plongées à mon niveau avec des gens de mon niveau, je veux découvrir et (si possible) voir des choses que je ne vois pas le reste de l’année (ça c’est pas difficile quand on est justement le « reste de l’année » au fond des lacs et des carrières), j’aime bien descendre un peu pour l’ambiance du bleu et le paysage (sans être du tout un chercheur de profondeur non plus et sachant que Corralejo n’est pas une zone très profonde), etc.

J’ai commencé avec Mar y Mas : j’arrive le matin, on me demande de payer d’avance (« tu comprends, après, y’aura trop de monde »)… un peu étonné mais bon, je paie les 70€ prévus pour les deux plongées et le matos. On me montre mon matériel, tout est ok au niveau état général et tailles. Je suis un peu dubitatif quand on m’amène mon bloc bouteille (un 10L - pour les non-initiés : c'est petit) et quand on me dit qu’on fait une pause sur le bateau entre les deux plongées (de 30-45’), ça n’annonce rien de bon.


Nous montons à +/- 10 sur le zodiac avec notre bloc de rechange (ouf, quand même, la 10L ne servira pas pour 2 plongées), c’est parti pour… deux plongées à respectivement 9m et 10m… hum.


En soi, ce n’est pas un problème s’il y a quelque chose à voir mais à 10 autour des mêmes bestioles, je ne prends pas le plaisir que j’attendais.
Dans ces conditions, inutile de préciser que la faune s’est planquée en percevant 10 machins humains qui font des bulles dans tous les sens et qui se rassemblent de temps en temps pour voir les poissons qui ont le malheur de sortir de leur planque.
Ils n’ont pas scindé le groupe qui est pourtant complètement hétéroclyte en terme de niveau et d'expérience.
Enfin, consolation, pendant ces deux plongées, j’ai vu une raie marbrée, une énorme raie pastenague épineuse, un gros poisson coffre et puis… j’étais tout simplement dans le bleu avec une visi de plus de 20m, ce n’est quand même pas mon « quotidien » de plongée en Belgique.

Pour voir la vidéo qui résume ces deux plongées avec Mar y Mas en 2’38, c’est par ici :


 
Après cette première expérience mitigée, je décide de tester un autre centre : Punta Amanay.

L’accueil y est très cordial, ils viennent me chercher à l’hôtel à l’heure prévue. Le boss est belge, il parle français/anglais/espagnol/néérlandais, tout est cool, on me file un bloc 12L cette fois.

Coup de bol : une plongeuse en formation doit faire une plongée « deep » dans le cadre de son brevet, je serai donc de la partie pour une 30m dans des gorges sous-marine (cerise sur le gateau). Le boss me précise quand même les plongées à 30m sont rares à Corralejo et que la première plongée se fait généralement vers 20-25m. N’empêche, je me réjouis.

Le bateau semi-rigide est plus gros et mieux équipé (notamment l’échelle pour remonter = confort). Nous sommes 5 plongeurs sur le bateau. Rien à voir avec mon expérience précédente.

La plongée sera intéressante : un paysage superbe (ces « canyons » sous-marins créent une ambiance particulière), nous verrons quelques beaux mérous et une raie aigle en "vol" au loin.
Bref, là je remonte avec un large sourire et l’envie de faire une grosse bise au Capitaine (mais je me retiens). Nous revenons au centre. Le boss me prévient que  la suivante se fera à -10m mais je le savais d’emblée à l'inscription.

La différence de qualité avec Mar y Mas sera aussi marquée durant cette seconde plongée : nous sommes 10 sur le bateau mais le capitaine divise le groupe en 2 sous-groupes homogènes selon les brevets et l'expérience
Ils ont peut-être eu de la chance mais cette seule plongée n’est en rien comparable avec les plongées à 10m décrites précédemment : j’ai l’occasion de filmer une raie pastenague qui se met à danser, une raie aigle en vol qui passe à quelques mètres, j’en ai plein les yeux en remontant sur le bateau. Et je suis quasi certain que la taille du groupe a amélioré notre discrétion mais c’est pure hypothèse.

Au retour, tout est beaucoup plus cool (c’est moi qui rappelle au boss que je dois encore le payer) et la qualité était au rendez-vous !

Le résumé de ces plongées en 3’24, c’est par ici :
http://youtu.be/v-VrwaHK4-M



Direction : le sud de l’île

La seconde semaine, nous logions dans une « casa rural » à Tuineje, au centre-nord de l’île. J’avais donc prévu cette fois une seule plongée le matin, pour passer quand même le reste de la journée avec ma famille. L’endroit était super (piscine, barbecue, chaises longues, ustensiles, etc.) mais quand ils disent « rural », c’est rural : le vieux lit en bois qui grince de 110 cm, ça me change du lit king size de 180cm de Corralejo.


De Corralejo à Betancuria (c) ArnoLgs 2013

Les villages et notamment, les villages côtiers de la région, sont vraiment beaux, ils sont préservés du tourisme et il y a encore quelques villages de pêcheurs (p.ex., Pozo Negro et Ajuy d'où il faut absolument aller voir le coucher de soleil sur les "cuevas" et les falaises calcaires). On n'y trouve que quelques maisons, un ou deux bars-restos avec vue sur l’océan, avec l’impression d’être le seul touriste de l’île à contempler ce paysage en mangeant un plat de poisson tout frais ou en buvant une sangria dans un verre givré.

Falaises à Ajuy (c) ArnoLgs 2013
Pozo Negro (c) ArnoLgs 2013

Allez zou, on plonge … J’ai été réserver mes plongées chez Deep Blue qui, en fait, est le seul dive center autorisé dans la région. Ils ont le monopole, c’est donc plus cher qu'au nord. Bon allez, j’en fais une seule : go for it. Ils ont plusieurs "agences"" sur cette partie de la côte et même si j’ai réservé à 10km de la casa, je dois me rendre 30km plus haut à leur centre de Caletta de Fuste pour profiter des sites de plongée les plus intéressants (j’ai oublié de préciser : pour bouger sur l’île, mieux vaut louer une voiture, ce n’est pas cher et le carburant ne coûte pas grand chose là-bas, p.ex., le litre d’essence était à 1,05€ en juillet 2013).

J’arrive donc le matin à Caletta de Fuste. Tout est OK, il y a beaucoup de plongeurs mais ils ont deux semi-rigides et ils répartissent les plongeurs par niveau et par langue : je vais donc plonger avec un guide français, Loïc, expat’ super sympa et enthousiaste, une plongeuse belge (salut à toi Aurélie, si tu passes par là !) habituée comme moi des carrières et un plongeur français en formation et justement, il doit faire sa plongée « deep », c’est donc reparti pour une chouette 30m dans le bleu ! Ce sera une très belle plongée : une murène posée sur un rocher, des barracudas énormes, un baliste de mauvais poil (auquel notre guide a laissé une partie de son cuir chevelu…), quelques beaux mérous dont un peu farouche devant l’objectif.


Pour voir le résumé de la plongée en 2’46, c’est ici : http://youtu.be/_3GCHjgljYQ




En résumé :

Si vous comptez plonger à Fuerteventura, il est important de noter qu’à Corralejo (nord), ils peinent à trouver de la profondeur à 10 minutes de navigation donc ce type de plongée est plus rare. Par contre, à Caletta de Fuste, le problème est inverse : ils ont du mal à proposer des sites dont la profondeur n’excède pas 20m. Ca ne veut pas pour autant dire que Corralejo est moins intéressant si on découvre ses fonds avec le bon dive center…  A noter aussi, à Corralejo, il existe un autre centre établi depuis 30 ans : Dive Center Corralejo. Je n’ai pas eu l’occasion de le tester mais j’ai un compagnon de plongée qui plonge avec satisfaction tous les ans avec eux (pour l’histoire, je n’ai pas plongé avec eux simplement parce qu’ils étaient fermés quand je suis passé par là)


Pour les familles, autant Corralejo est agréable et comporte des zones assez typiques (dont la plage près du port dont j’ai parlé avant), autant Caletta de Fuste est le prototype de la station balnéaire créée de toute pièce au détriment du reste : un énorme complexe d’appartements qui occupe la moitié de la plage (et qui a même son propre code postal), des avions qui passent en permanence (l’aéroport est à 5 minutes en voiture et la « ville » se situe dans l’axe de la piste), une foule d’activités martimo-commercialo-touristiques (moi j’aime pas cela mais "les goûts et les couleurs…"). Paradoxalement, on y trouve le meilleur resto de poissons de la côte (selon Lonely Planet et ce n’est pas faux !), une vieille baraque qui fait office de village d’Astérix le long de ce rivage : la Frasquita, où la carte est en fait un plateau avec un échantillon de la pêche du jour. Excellent. Si vous allez de ce côté, je vous recommande chaudement (sauf si vous aimez le bruit des avions et les gros complexes) de loger plus bas (Las Playitas, Tuineje, Pajara) et de louer une voiture pour vous y rendre. 


Morro Jable (c) ArnoLgs 2013